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18.05.2007
Le symbole KOUCHNER
En proposant le ministère des Affaires étrangères à l'homme politique le plus populaire de France, l'une des images de mai 68, l'un des inventeurs de la médecine humanitaire et du droit d'ingérence, plusieurs fois ministre sous François Mitterrand et sous Lionel Jospin, une icône de la gauche , Nicolas Sarkozy pousse très loin le bouchon de l'ouverture, en accueillant non seulement un ancien ministre socialiste, mais une incarnation de ce " mai 68 " qu'il a vilipendé pendant la campagne.
C'est la différence entre le gagnant et les perdants : le gagnant prend tout même les campagnes de ses adversaires, et il embauche les figures les plus emblématiques des états-majors de ses adversaires. On comprend que devant un tel homme, ses partisans les plus proches soient déjà essoufflés, largués, le souffle coupé, prêt déjà à dire pouce à l'ouverture, alors qu'il vient à peine de commencer, que son mandat n'a que quelques heures.
Tous ceux qui connaissent bien Bernard Kouchner peuvent témoigner que son rêve avait le Quai d'Orsay pour adresse. Il tranche avec beaucoup de titulaires passés, lui connaît bien le monde, l'a parcouru de long en large. Il a pour la politique étrangère de la France une vision qu'il souhaitait, depuis longtemps, mettre en oeuvre. Les socialistes n'en auront jamais pris le risque, le trouvant trop individualiste. Mais Bernard Kouchner se sent assez en symbiose avec Nicolas Sarkozy. Même en ce qui concerne l'Irak où il appuyait l'intervention américaine. Un seul vrai désaccord avec le chef de l'Etat : l'adhésion de la Turquie, dont il est un chaud partisan. Mais lors de son intronisation, le nouveau chef de l'Etat n'a pas manqué de répéter qu'il entendait mettre les droits de l'homme au coeur de la politique étrangère de la France. Et Bernard Kouchner, qui n'entend pas mettre son identité socialiste dans sa poche, Nicolas Sarkozy ne le lui demande pas, il l'encourage même à la revendiquer, est là pour çà.
Le nouveau ministre, qui avait mis comme condition à son acceptation un périmètre entier, a obtenu la maîtrise de la coopération africaine et les affaires européennes dont le titulaire devrait être le plus proche des proches de François Hollande, Jean-Pierre Jouyet.
Extraits d'un article de Serge July avec lequel je suis completement en phase
01:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note





Commentaires
Je comprend ton désaroir ma très chère amie Murielle.
Bernard Kouchner rêvait du quai d'orsay depuis de nombreuses années.
Mais le point positif, c'est qu'il n'aura pas la liberté estimée car c'est le chef de l'état Nicolas Sarkozy qui tient les reines des affaires étrangères... Un peu de consolation...
Ta note est superbemment rédigée, un régal à lire.
Je t'embrasse,
Christophe
Ecrit par : Christophe Benazeth-Guillamon | 22.05.2007
Tu n'as pas compris je suis extremement contente de la nomination deBernard Kouchner il est parfait a mes yeux pro americain,pro israelien anti tyran d'Irak,et il a le merite d'avoir cassé la gauche .Que demander de plus?
C'est un texte de Serge July j'aurais bien voulu écrire aussi bien
je t'embrasse.
Ecrit par : murielle schor | 22.05.2007
Merci ma très chère Amie Murielle,
Désolé je n'avais pas bien compris ta note.
Je t'embrasse et je te dis à bientôt à Paris,
Christophe
Ecrit par : Christophe Benazeth-Guillamon | 29.05.2007
Chère Murielle,
Je pense, moi aussi que Bernard KOUCHNER fera un excellent travail.
En l'écartant des instances dirigeantes du PS, les conservateurs se sont privé d'un véritable talent. Que Nicolas SARKOZY n'a pas mis longtemps à identifier.
Les Socialistes français sont vraiment nuls !
Ecrit par : Pascal | 29.05.2007
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