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25.05.2008
Affaire du petit Mohammed Al-Dura (suite)
La justice française vient de rendre un jugement qui l'honore et qui, d'une certaine manière, constitue une révolution culturelle. Elle a en effet prononcé en appel la relaxe de Philippe Karsenty, dans l'affaire dite « du petit Mohamed ».
Rappelons les faits. A l'automne 2000, la chaîne de télévision France 2 diffuse un reportage selon lequel un enfant palestinien, Mohamed Al-Dura, aurait été abattu de sang-froid par des soldats israéliens, alors qu'il se trouvait dans les bras de son père. Ces images sont reprises dans le monde entier. En Occident, certains commentateurs estiment qu'elles effacent ou oblitèrent celles des enfants juifs assassinés dans le ghetto de Varsovie. Ce qui peut signifier que l'on est désormais autorisé à revenir à un thème plus ancien, celui des Juifs tueurs d'enfants – assassins de l'Enfant Jésus, auteurs de crimes rituels – , ou du moins qu'on est désormais désarmé devant ce retour éventuel. Dans le monde islamique, « le petit Mohamed », alias « l'enfant de Palestine », est érigé en « shahid », martyr de la foi. Sa mort justifie donc l'action d'autres « martyrs », actifs et non passifs, les terroristes et plus particulièrement les kamikazes. C'est au nom du « petit Mohamed » que l'on multiplie les agressions contre les Juifs en France de 2000 à 2006, que les terroristes dits « palestiniens » tuent des centaines de civils juifs et arabes de 2001 à 2003, que Daniel Pearl est décapité au Pakistan en 2002. Il n'est pas absurde de supposer, en outre, que l' « Enfant-Martyr » a catalysé les instincts de mégameurtre et de mégasuicide des commandos qui opèrent à New York et à Washington le 11 septembre 2001, à Bali le 12 octobre 2002, à Madrid le 11 mars 2004 et à Londres le 7 juillet 2005.
D'emblée, certains spécialistes des médias notent des « étrangetés » dans le reportage de France 2. Dès 2002, la télévision d'Etat allemande ARD diffuse une enquête à ce sujet. D'autres investigations suivront, notamment aux Etats-Unis. Mais en France, c'est le mur de Berlin. France 2 refuse le dialogue, le débat. La chaîne attaque en diffamation ceux qui osent faire leur devoir de citoyens : penser par soi-même au nom du bien public. Ce comportement m'a toujours stupéfait. Et attristé. De deux choses l'une, en effet. Ou bien France 2 était sûre de son dossier, et dès lors, pourquoi refuser un débat public qui aurait tourné à la déroute de ses accusateurs ? Ou bien elle n'en était pas sûre, et dès lors, pourquoi refuser la lustration que confère, en démocratie, le débat honnête te Franc et la reconnaissance éventuelle d'erreurs passées ? Le comportement de la chaîne, ou des occultes conseillers devant lesquelles elle a cru devoir s'incliner, ne cadrait décidément pas avec l'idée que la plupart des Français, de gauche comme de droite, se font de leur pays et de leurs droits.
Il a fallu, pour qu'on ose rouvrir le cas Dreyfus, un homme capable de se faire entendre, Emile Zola. Il a fallu, dans l'affaire al-Dura, Philippe Karsenty, que France 2 a attaqué en diffamation comme bien d'autres, presque par routine. Que n'a-t-on pas dit à son sujet ! De quels excès de tempérament ne l'a-t-on pas accusé ! Mais sans lui, la stratégie d'intimidation aurait porté. Karsenty – aujourd'hui maire adjoint de Neuilly - a mené, pour l'honneur du peuple d'Israël et du peuple juif, mais aussi l'honneur de la France, une bataille de chaque instant. Et surtout, une bataille intelligente, factuelle, irrécusable. Je me rappelle de ce moment, l'automne dernier, où le tribunal de la République, d'abord mal disposé à son égard, puis ébranlé par ses arguments, exige de France 2, qui s'y refusait dédaigneusement jusque là, de produire les rushes, les brouillons, du reportage al-Dura. Tout était là : la justice, enfin, demandait des preuves, des éléments tangibles. Dans les guerres de l'esprit, Karsenty a gagné son bâton de maréchal.
Et maintenant ? En théorie, France 2 peut aller en cassation. Cela ne s'est jamais vu dans une affaire médiatique et n'aurait d'autre sens que de continuer à persécuter Karsenty. Un peu de décénce. Que l'Etat, dont France 2 dépend jusqu'à nouvel ordre, se fasse enfin entendre. Et surtout, qu'on ouvre enfin les dossiers et qu'on fasse la lumière sur Mohamed al-Dura et ceux qui, à des titres divers, ont manipulé son nom, son visage et la souffrance de tant d'enfants de par le monde.
© Michel Gurfinkiel, 2008
23:37 Publié dans Relations Internationales | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Message important de Philippe Karsenty:
http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-14279-145-7-important-message-propos-victoire-concernant-al-dura-philippe-karsenty.html
Ecrit par : Jean Wachsmann | 01.06.2008
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